Cour fédérale d’Australie ordonne à The Star de payer A$260 millions

Revu par la rédaction de NV Global

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La Cour fédérale australienne a ordonné le 28 octobre 2026 une pénalité de A$260 millions contre The Star pour des manquements de vérification et de suivi.

La Cour fédérale d’Australie a ordonné à The Star Entertainment Group de payer une pénalité de A$260 millions le 28 octobre 2026, après avoir constaté que l’exploitant de casinos n’avait pas maintenu un programme AML/CTF conforme et n’avait pas surveillé ses clients au regard du risque de blanchiment.

Ce qui s’est passé

AUSTRAC a annoncé la décision le jour même. Selon le communiqué du régulateur, la Cour a conclu que The Star Entertainment Group (The Star) n’avait pas maintenu un programme conforme de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (AML/CTF), et n’avait pas surveillé ses clients afin d’identifier, d’atténuer et de gérer les risques de blanchiment et de financement du terrorisme. AUSTRAC a engagé la procédure de sanction civile le 30 novembre 2022 contre The Star Pty Limited et The Star Entertainment QLD Limited.

Les manquements comprenaient des défaillances dans la vérification des informations du client et de l’origine des fonds, dans la conduite d’une diligence raisonnable appropriée et dans la surveillance de l’activité du client, indique le communiqué. Il précise que plus de 1 200 clients ont pu jouer via des canaux présentant un risque élevé de blanchiment. Ces canaux offraient une transparence limitée sur l’origine des fonds et autorisaient des transactions de tiers et des dépôts en espèces sans que l’identité du tiers soit enregistrée.

Les A$260 millions constituent la pénalité ordonnée dans cette procédure. Par ailleurs, en fixant ce montant, le juge Moore a relevé que The Star a déjà fait l’objet de pénalités de A$200 millions pour des faits qui recoupent largement ceux de la présente affaire, que ses licences de casino ont été suspendues et qu’elle est placée sous la supervision d’un administrateur. Les A$200 millions ne font pas partie de cette ordonnance.

…une part importante de l’activité de Star reposait sur le fait de fermer les yeux sur des clients présentant un risque ML/TF élevé.

Juge Moore cité dans AUSTRAC, « The Star ordered to pay $260 million for serious AML/CTF breaches », 28 octobre 2026

Au moment de la rédaction, The Star n’avait publié aucune déclaration sur le jugement dans ses pages d’annonces ASX ni de communiqués de presse ; sa plus récente annonce sur ces pages date du 27 octobre 2026.

Pourquoi c’est important

Le jugement attache un chiffre à des manquements qui sont, en substance, des défaillances de vérification des clients. Les conclusions nomment des étapes qui n’ont pas été menées à bien : établir d’où provenait l’argent du client, conduire une diligence raisonnable appropriée et surveiller l’activité du client après l’entrée en relation. Le directeur général d’AUSTRAC, Brendan Thomas, a déclaré que la Cour avait conclu que The Star n’avait pas seulement omis d’effectuer les bons contrôles, mais avait permis à des clients à haut risque de jouer sans établir correctement d’où venait leur argent.

Le raisonnement sur le montant intéresse tout groupe confronté à des procédures parallèles. Le juge Moore a pesé les pénalités déjà prononcées pour des faits qui recoupent largement ceux-ci, ainsi que les suspensions de licence et la supervision d’un administrateur, pour arriver au chiffre retenu.

Qui est concerné

  • Les exploitants de casinos et les autres entités déclarantes auprès d’AUSTRAC dans le secteur australien du jeu
  • Les exploitants gérant des junkets, des salons de jeu privés ou d’autres canaux destinés aux gros joueurs
  • Les équipes conformité qui traitent les financements par des tiers et les dépôts en espèces dans les canaux à risque élevé
  • Les entreprises dont des clients ont été exclus par un régulateur dans une autre juridiction

Ce que les entreprises doivent faire

  1. Vérifiez que les conclusions sur l’origine des fonds des clients à risque élevé sont documentées client par client et datées, et non décrites seulement au niveau des procédures : la vérification des informations du client et de l’origine des fonds figure dans les conclusions.
  2. Séparez dans vos tests les contrôles d’entrée en relation de la surveillance continue. Le manquement retenu est l’absence de surveillance des clients visant à identifier, atténuer et gérer le risque ML/TF, qui est un contrôle postérieur à l’entrée en relation.
  3. Enregistrez l’identité des tiers qui financent le jeu ou le compte d’un client. Le communiqué cite les transactions de tiers non enregistrées et les dépôts en espèces comme une caractéristique des canaux concernés.
  4. Confirmez qu’une décision d’exclusion prise par un régulateur ou un exploitant dans une autre juridiction modifie la note de risque du client dans vos propres systèmes.

Sources

Régions